Com #5. La nuit la plus longue


La nuit la plus longue !

Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail. Donc, un signe favorable ne suffit pas à garantir une issue heureuse, il incite plutôt à la prudence, surtout dans la pénombre. Vers une heure du matin, dans les stands, c’est plus calme. On assiste à des changements de pilote. La nuit a été longue pour certains, mais, dans l’ensemble, pas de gros bobos. À l’horizon, le jour pointe son nez sur le circuit de Fontaine-Fourches. La vitesse va sans doute s’élever aux alentours de 7h00. Devant, pas beaucoup de changements. En tête, le N°16, SSV de Romain Locmane, mène la danse devant le SSV N°5 d'Olivier Barré, N°17 Geoffrey Moreau et le SSV N° 44 de la famille Fournier.

Finalement, leurs petites bêtes féroces survitaminées  ne sont plus des voitures, mais des laboratoires ! D’ailleurs à cet instant de la course, dans les huit premiers, on trouve huit SSV. « Je ne dirais pas que la messe est dite ? et on n’est pas loin de la bénédiction ! »

Mine de rien, le N°19 du team Corrèze Aventure a réussi à leur coller aux baskets toute la nuit. Dans une heure tapante, les 9 heures Classic reprennent avec force et vigueur la piste pour rejoindre la horde sauvage ! Parmi les pilotes, il y a Jules Corvaja âgé de 17 ans et les baroudeurs vont avoir la possibilité de se distinguer dans cette dernière ligne droite. Époustouflants, les Bowler Wildcat, Land Rover et Lada Niva ont été d’une efficacité redoutable toute la nuit. C’est comme les pyramides, c’est ancien, mais c’est du solide. 

Il est prévu d’envoyer les arroseuses dans les lignes droites aux alentours de 8h15. Pour avertir les équipages qui roulent, un drapeau de changement d’adhérence annoncera la glissade ! En T2 B, avec les vieux briscards de la piste, nous savons déjà que c’est une bagarre acharnée qui va se jouer jusqu’à l’arrivée (Land Rover, Bowler, Toyota, Mercedes, Lada, Nissan Navara, Buggy Racing et Pajéro).

Au bord de la piste, les chasseurs d’images se réjouissent du spectacle à l’image d’Olivier Milon, d'Alain Rossignol et de Jacques Devisme. Trois spécialistes en Rallye Raid qui n’hésitent pas à grimper dans les palmiers pour immortaliser la plus belle image.

 

À quatre heures de l’arrivée, il est temps de faire le point

Parmi les forces en présence cette année, il y a Franck Cuisinier pour sa 23e participation, cette année, il est sur SSV Can Am Maverick N°19. Franck détient 4 titres de champion de France, et là, ça change tout ! « Pour l’instant, on est en 4 au général. Il nous reste 5h00 pour monter sur le podium. J’ai adoré cette nuit, les trajectoires étaient parfaites pour moi, je me suis régalé. La force de cette équipe, c’est que les quatre pilotes sont au même niveau. L’investissement de chacun est très visible et, en plus, il règne une superbe ambiance. »

Équipage N°170, SSV qui était engagé dans la catégorie des 6 Heures, Adeline Euvrard/Céline Kielwasser. « Nous n’avons pas franchi la ligne d’arrivée comme prévu à 20 h, car notre véhicule manquait de puissance. Nous dépassions à peine les 50 km/h. C’est sans doute un découragement profond qui nous a envahi à ce moment-là. Avec le recul, ce matin, nous regrettons de ne pas être allés jusqu’au bout de notre rêve. »

Équipage N° 44, Fournier : Philippe, Antoine et Alexandre. Une famille en or ! « Au départ, nous avions remarqué que la piste était étroite et que nous allions devoir prendre un peu plus de risques pour doubler. Finalement, avec le temps, nous nous sommes rendu compte que les véhicules qui roulaient moins vite que nous se serraient pour nous laisser passer. Donc, la suite s’est bien passée. À quatre heures de l’arrivée, nous nous positionnons en quatre. Ce qui nous laisse encore un peu de temps pour remonter dans le classement. » 

Équipage N° 30, Lada Niva, Bidault Stéphane/Christophe Fay/Bruno Trossat « On ne jette pas l’éponge, mais tous les ennuis mécaniques de cette nuit nous obligent à ménager notre monture. Nous avons donc décidé de repartir vers 13h00, pour au moins passer la ligne d’arrivée »

Équipage N° 117, Pajero, Catégorie des 9 Heures Classic, Alain Bertet/Luca Corvaja/Jules Corvaja « Passer du SSV à un Pajéro, c’est toute une histoire. Les trajectoires sont différentes, j’avais complètement oublié la différence de vitesse de croisière ! Mon fils Jules, c’est la force tranquille qui maîtrise avec agilité sa passion du franchissement. »

Gilles David. S/Presse 24 Heures Tout-Terrain de France